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The Exploration Company vise 300 M$ pour financer sa capsule cargo Nyx

300 M$31.07.26Late stage
The Exploration Company vise 300 M$ pour financer sa capsule cargo Nyx
Analyse

The Exploration Company vise 300 M$ pour financer sa capsule cargo Nyx

L'essentiel. La startup franco-allemande The Exploration Company est en discussions avancées pour lever 300 millions de dollars, dans un tour mené par Bessemer Venture Partners et Atomico, avec la participation attendue du Scaleup Europe Fund — le fonds de 5 milliards d'euros adossé à la Commission européenne et géré par EQT. La valorisation cible dépasse 2 milliards de dollars. Aucun closing n'est signé, mais les négociations sont confirmées par le Financial Times.

À retenir

  • Valorisation cible : plus de 2 milliards de dollars — contre 450 millions d'euros lors de la Série B de novembre 2024.
  • Tour mené par Bessemer Venture Partners et Atomico ; le Scaleup Europe Fund (Commission européenne / EQT) est en discussion pour participer.
  • Carnet de commandes revendiqué : environ 800 millions de dollars, avec ESA, Axiom Space, Vast et Starlab comme clients déclarés.
  • Depuis sa création en 2021, la société a levé environ 200 millions d'euros ; ce tour ferait passer le total au-delà de 450 millions d'euros.
  • Premier vol de démonstration opérationnel de la capsule Nyx prévu pour 2028.

Ce que fait The Exploration Company

The Exploration Company conçoit et fabrique des capsules cargo réutilisables pour le transport orbital. Son produit central est Nyx — une capsule modulaire capable d'emporter du fret vers des stations en orbite basse (LEO), dont la Station spatiale internationale. La société développe également Storm, un moteur-fusée réutilisable à haute poussée (180 tonnes) fonctionnant au LOX/biométhane, qui vise à terme un lanceur lourd.

La logique industrielle est claire : combler le vide européen sur le retour de fret depuis l'orbite. SpaceX occupe ce segment avec Dragon. Les alternatives européennes — Sierra Space, Dream Chaser, Thales Alenia Space — peinent à franchir les étapes opérationnelles. TEC suit une trajectoire inversée à celle de SpaceX : capsule d'abord, lanceur ensuite.

Fondée en 2021 par Hélène Huby — ancienne d'Airbus et ArianeGroup — avec une équipe d'ingénieurs issus du spatial institutionnel européen, la société est juridiquement enregistrée en Allemagne mais dispose d'entités en France, au Royaume-Uni (Westcott, site de propulsion récemment acquis via European Astrotech en juin 2026) et aux États-Unis (Houston, lab ouvert en juillet 2026).

En juin 2025, la mission de démonstration Mission Possible a réalisé une rentrée orbitale réussie — première pour une startup européenne — mais la capsule n'a pas été récupérée en raison d'un dysfonctionnement du système de parachutes. Les investisseurs ont maintenu leur confiance. TEC a également passé la phase 1 de certification de sécurité ESA/NASA pour l'accès à l'ISS en 2025.

Ses clients déclarés incluent l'Agence spatiale européenne, Axiom Space, Vast et Starlab. Le carnet de commandes revendiqué atteint environ 800 millions de dollars — un chiffre non audité publiquement, à ce stade non contraignant.

Détails de la levée

  • Montant : 300 M$ (en discussion, non encore signé)
  • Date : Juillet 2026
  • Série : Late stage / Growth round
  • Lead investors : Bessemer Venture Partners, Atomico
  • Co-investisseurs : Scaleup Europe Fund (EQT / Commission européenne, 5 Md€), EQT Ventures (déjà actionnaire depuis 2023)
  • Investisseurs précédents : Balderton Capital, Plural, BPIFrance, Bayern Kapital, Cherry, Partech, Promus Ventures, Red River West, Vsquared
  • Total levé depuis 2021 : environ 200 M€ avant ce tour ; total anticipé au-delà de 450 M€ post-closing
  • Valorisation cible : plus de 2 milliards de dollars (contre 450 M€ en novembre 2024)
  • Siège : Allemagne (siège légal), avec entités en France, Royaume-Uni, États-Unis
  • Fondateurs : Hélène Huby (ancienne Airbus / ArianeGroup), avec des co-fondateurs ingénieurs issus du spatial institutionnel européen
  • Usage des fonds : Finalisation de la capsule Nyx (estimation totale ~500 M€), accélération du programme moteur Storm, expansion aux États-Unis, acquisitions technologiques (propulsion, avionique)

Pourquoi cette levée compte

Le tour n'est pas signé. Pourtant, plusieurs signaux méritent d'être lus au-delà de l'annonce elle-même.

Un saut de valorisation hors norme. Passer de 450 millions d'euros à plus de 2 milliards de dollars en 20 mois, sans démonstration de vol complet réussie, c'est inhabituel dans le spatial. Cela traduit moins un résultat opérationnel qu'une prime de rareté : il n'existe pas d'autre acteur européen aussi avancé sur le segment capsule cargo réutilisable. Bessemer et Atomico parient sur la position, pas encore sur la performance.

L'entrée du Scaleup Europe Fund change le registre. Ce fonds de 5 milliards d'euros, adossé à la Commission européenne et géré par EQT, a vocation à co-investir dans des scale-ups stratégiques européens. Sa participation potentielle dans TEC signalerait que l'Union européenne accepte de mettre du bilan derrière la souveraineté spatiale — et pas seulement des subventions ESA. [UNIQUE INSIGHT] Si le Scaleup Europe Fund entre au capital, ce sera probablement sa première position publique dans le new space — un marqueur politique autant qu'industriel. Cela repositionne TEC non plus comme une startup deep tech parmi d'autres, mais comme un actif stratégique de l'autonomie spatiale européenne.

Le carnet de commandes de 800 M$ — à lire avec précaution. La startup avance ce chiffre comme signal de traction commerciale. Mais dans le spatial, les "commandes" sont souvent des LOI (Letters of Intent) ou des contrats de développement conditionnels, pas des revenus récurrents. La levée de 300 M$ correspond à peu près à la moitié de ce que Huby estime nécessaire pour finaliser Nyx. Le budget total du programme — capsule seule — est estimé à ~500 M€. Le lanceur Storm viendrait ensuite, pour 1 à 2 milliards supplémentaires. Ce tour n'est pas un point d'arrivée, c'est une étape de financement d'un programme industriel de long terme.

La mission de juin 2025 — un signal ambigu. La rentrée réussie démontre la maîtrise thermique et avionique de la capsule. L'échec de récupération est une limite opérationnelle sérieuse, pas un incident mineur. Pour être certifiée ISS, la capsule doit démontrer une récupération fiable. Le vol de démonstration complet visé pour 2028 laisse deux ans pour résoudre ce point. Les investisseurs considèrent visiblement que le risque technique est gérable — mais il reste réel.

Ce que cette levée révèle du marché new space en 2026

Le tour de TEC s'inscrit dans un mouvement de fond qui dépasse cette seule transaction.

La consolidation du marché cargo orbital s'accélère

SpaceX domine la desserte de l'ISS avec Dragon depuis 2012. L'arrivée prochaine de stations commerciales — Axiom, Vast, Starlab — va multiplier la demande de fret orbital, mais aussi la complexité logistique. Chaque opérateur de station a intérêt à disposer d'au moins deux fournisseurs de capsules. C'est exactement ce que TEC veut être pour les clients non-américains. Dream Chaser (Sierra Space) accumule les retards ; Thales Alenia Space reste un contractant institutionnel, pas un opérateur agile. La fenêtre pour un challenger européen est étroite mais réelle — et probablement fermée dans 5 ans si aucun acteur n'atteint l'opérationnel.

Les VCs transatlantiques reprennent la main sur le deep space européen

Bessemer et Atomico co-mènent ce tour. C'est une configuration significative : deux fonds anglo-américains qui ont tous les deux une thèse sur l'infrastructure spatiale commerciale. En 2023-2024, les tours de TEC étaient encore dominés par des acteurs souverains (BPIFrance, Bayern Kapital) et des fonds européens growth (Balderton, Plural). Le passage au leadership US dans ce tour de late stage suit un pattern déjà observé dans la biotech européenne : dès qu'un acteur approche du milliard de valorisation et commence à vendre aux agences américaines, le financement bascule vers des fonds capables de ticket > 100 M$ et d'accès aux marchés US.

Le Scaleup Europe Fund comme nouvel outil de politique industrielle

La participation potentielle du Scaleup Europe Fund mérite une attention particulière, indépendamment de TEC. Ce fonds de 5 milliards d'euros est un instrument inédit de l'UE pour co-investir avec des VCs privés dans des champions technologiques européens. S'il entre dans ce tour, il établit un précédent : l'argent public européen peut désormais prendre des positions en capital dans des sociétés privées à des niveaux de valorisation de scale-up, et pas seulement financer via subventions ou contrats institutionnels. D'autres acteurs du deep tech européen — énergie, défense, biotech — regarderont de près les modalités de cette participation.

FAQ

Qui sont les fondateurs de The Exploration Company ?

The Exploration Company a été fondée en 2021 par Hélène Huby, ancienne d'Airbus et ArianeGroup, avec une équipe d'ingénieurs issus du spatial institutionnel européen. Huby a travaillé sur des programmes d'exploration lunaire et martienne avant de lancer TEC.

Combien The Exploration Company a-t-elle levé au total ?

Avant ce tour en discussion, la société avait levé environ 200 millions d'euros depuis sa création en 2021, incluant une Série B de 150 millions d'euros en novembre 2024 avec Balderton Capital et Plural. Si le tour de 300 M$ se conclut, le total dépasserait 450 millions d'euros cumulés.

Quels sont les principaux clients de The Exploration Company ?

La société cite l'Agence spatiale européenne (ESA), Axiom Space, Vast et Starlab comme clients ou partenaires commerciaux. Elle a également participé à l'appel d'offres ESA pour le programme LEO Cargo Return Service, en compétition avec Thales Alenia Space.

Quelle est la technologie centrale de The Exploration Company ?

La capsule Nyx est une capsule cargo réutilisable conçue pour le transport orbital en basse orbite terrestre. Elle intègre des systèmes avioniques et de guidage propriétaires, une protection thermique à base de carbone pour la rentrée atmosphérique, et une capacité de ravitaillement en orbite. La société développe également le moteur Storm (180 tonnes de poussée, LOX/biométhane).

À quoi vont servir les 300 M$ levés par The Exploration Company ?

Les fonds visent à finaliser le programme capsule Nyx (coût total estimé à ~500 M€), accélérer le développement du moteur Storm, renforcer la présence aux États-Unis (Houston) et intégrer les acquisitions récentes — notamment European Astrotech (juin 2026) pour la propulsion. Le premier vol de démonstration opérationnel est ciblé pour 2028.

Sources

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