Notom, deeptech francilienne d'automatisation industrielle, a annoncé le 21 janvier 2026 une levée de 2 millions d'euros en amorçage menée par SistaFund avec Kima Ventures, Olympe Capital et plusieurs business angels issus du monde industriel, dont Aude Guo, CEO d'Innovafeed. Le tour finance une plateforme no-code qui connecte les machines existantes aux outils numériques modernes pour intégrer l'IA en usine sans remplacer le parc équipement.
Une opération signée par d'anciens d'Innovafeed
Selon Maddyness, Notom a été fondée en 2025 à Saint-Ouen-sur-Seine par Paola Fedou (CEO) et Jean-Philippe Gross, ingénieurs ayant travaillé sur l'automatisation de sites industriels de grande taille chez Innovafeed, scale-up française des protéines à base d'insectes pour l'alimentation animale, comme l'a documenté L'Usine Nouvelle.
Six mois après la création, la société emploie une dizaine de personnes techniques et compte plusieurs clients pilotes dans l'agroalimentaire, vertical naturellement proche du parcours des fondateurs. SistaFund mène le tour ; Kima Ventures (fonds historique de Xavier Niel actif sur les amorçages tech) et Olympe Capital (impact tech) viennent en participation.
Le produit : trois modules pour démocratiser l'industrie 4.0
La plateforme Notom est articulée autour de trois modules :
- Connect : couche d'interopérabilité avec les automates programmables et systèmes industriels (OPC UA, Modbus, MQTT, protocoles propriétaires SCADA), avec chiffrement mTLS pour la sécurité des échanges OT.
- Interact : interface utilisateur permettant aux opérateurs et chefs de ligne de piloter le parc machine sans expertise développement, avec versionning natif des configurations.
- Integrate : couche IA pour la détection d'anomalies, l'optimisation énergétique et la maintenance prédictive sur les données collectées.
L'argument différenciant est le déploiement annoncé deux fois plus rapide que les solutions OT (Operational Technology) traditionnelles, avec une approche no-code plutôt qu'un projet IT classique long de 6 à 18 mois. Les premiers déploiements pilotes affichent une productivité en hausse de 30 %, une détection des pannes accélérée par dix et une optimisation énergétique agnostique au type d'usine.
Pourquoi viser la modernisation plutôt que le remplacement
Le parc industriel européen est massivement amorti. Une partie significative des automates programmables installés en usine ont plus de 15 ans et reposent sur des architectures propriétaires (Siemens S7, Schneider M340, Rockwell ControlLogix). Remplacer ces équipements coûte typiquement plusieurs millions d'euros par site et impose un arrêt de production de plusieurs semaines. La modernisation par couche logicielle, sans changement matériel, est nettement moins risquée et finançable sur opex.
L'enjeu est d'autant plus fort que le contexte concurrentiel pousse les industriels européens à rattraper leur retard sur la digitalisation, comme le souligne régulièrement le baromètre annuel de L'Usine Digitale. Selon les analyses sectorielles, l'industrie 4.0 reste à des taux d'adoption inférieurs à 30 % en Europe, contre près de 50 % aux États-Unis et plus de 60 % dans certaines régions d'Asie.
Le marché des plateformes IIoT et OT
Le segment des plateformes IIoT (Industrial Internet of Things) et OT/IT bridge est l'un des plus compétitifs du SaaS industriel. Sur l'enterprise, les acteurs historiques sont PTC ThingWorx, Siemens MindSphere (rebaptisé Insights Hub), GE Digital Predix et Microsoft Azure IoT. Sur le mid-market et SMB, des challengers comme Tulip Interfaces (US, valorisée plus d'un milliard de dollars), Litmus, Highbyte et l'allemand Cybus poussent une approche plus moderne et flexible.
L'angle français de Notom (no-code IA-ready, focus PME-ETI agroalimentaires en première étape) ressemble à celui de Tulip Interfaces, mais avec une intégration native IA générative dès l'amorçage, là où Tulip a ajouté ces capacités à un cœur produit historiquement orienté workflow opérateur.
Les défis d'exécution pour Notom
- Cycle de vente OT : pénétrer un site industriel exige typiquement 6 à 12 mois entre premier contact et signature, avec validation par production, qualité, sécurité informatique et achats. Un PoC industriel mobilise les équipes pendant plusieurs mois.
- Maturité de la couche IA : la maintenance prédictive et la détection d'anomalies sont des promesses récurrentes mais les modèles peinent souvent à dépasser les benchmarks issus des règles métiers historiques. La validation terrain est critique.
- Concurrence des acteurs hardware : les fabricants d'automates (Siemens, Schneider, Rockwell) ajoutent progressivement des couches logicielles natives sur leurs équipements, ce qui peut réduire la pertinence de plateformes tierces.
L'opportunité pour la French Industrial Tech
L'opération s'inscrit dans une vague de levées sur l'industrial tech française : Toucan Toco (BI industrielle), Outsight (lidar industriel), Augury (acquise par Augury US mais avec ADN français). Le pari de Notom est de combiner deux thèses récentes : le no-code (démocratisation des outils techniques) et l'agentic AI (automatisation des décisions opérationnelles), appliquées à un secteur historiquement conservateur.
Pour les directions techniques industrielles et les écosystèmes growth qui les accompagnent, ces nouvelles plateformes offrent des opportunités d'optimisation rapides à fort ROI. Les agences intelligence artificielle appliquée et growth marketing peuvent contribuer à l'industrialisation commerciale de ces solutions sur les segments PME-ETI industriels.
FAQ
Quel est le montant levé par Notom et quand ?
Notom a annoncé le 21 janvier 2026 une levée d'amorçage de 2 millions d'euros, menée par SistaFund avec la participation de Kima Ventures, Olympe Capital et plusieurs business angels du monde industriel.
Qui sont les fondateurs de Notom ?
Notom a été créée en 2025 à Saint-Ouen-sur-Seine par Paola Fedou (CEO) et Jean-Philippe Gross, ingénieurs anciens d'Innovafeed. Tous deux ont travaillé sur des projets d'automatisation de sites industriels de grande taille en France et à l'international.
Comment fonctionne la plateforme Notom ?
La plateforme s'articule autour de trois modules : Connect (interopérabilité OT/IT avec mTLS), Interact (pilotage no-code par les opérateurs avec versionning natif) et Integrate (IA pour détection d'anomalies, optimisation énergétique et maintenance prédictive).
Quels résultats Notom revendique-t-elle sur ses pilotes ?
Selon Maddyness, les premiers déploiements pilotes affichent une productivité en hausse de 30 %, une détection des pannes dix fois plus rapide et une optimisation énergétique agnostique au type d'usine. La société travaille déjà avec plusieurs clients de l'agroalimentaire.
Quels sont les concurrents directs de Notom ?
Sur le segment des plateformes IIoT/OT modernes, les concurrents directs incluent Tulip Interfaces (US), Litmus, Highbyte et l'allemand Cybus. Les acteurs historiques (PTC ThingWorx, Siemens Insights Hub, GE Digital Predix, Microsoft Azure IoT) restent dominants sur l'enterprise mais avec des cycles d'implémentation plus longs et un coût total de possession nettement supérieur sur les premières années de déploiement.