Alan lève 480 M€ et franchit le cap des 5,5 milliards d'euros de valorisation
L'essentiel. L'insurtech parisienne Alan a bouclé un tour de table de 480 millions d'euros mené par Prosus, avec la participation de Teachers Venture Growth, Index Ventures et du nouvel entrant Dara Holdings. La levée valorise la société à 5,5 milliards d'euros. Alan revendique 787 M€ d'ARR, 37 000 entreprises clientes et plus d'un million de membres. Les fonds financeront l'expansion internationale et le développement produit autour de l'IA.
À retenir
- 480 M€ levés en juin 2026, valorisation à 5,5 milliards d'euros — la plus haute jamais atteinte par une insurtech française.
- ARR de 787 M€, en hausse de 54 % sur un an (source : Maddyness, récupéré 2026-06-26).
- 37 000 entreprises et organisations publiques clientes, plus d'un million de membres.
- Profitabilité atteinte en France (marché principal, plus de 75 % du chiffre d'affaires) ; perte nette groupe de 26 M€ en 2025.
- Présence dans quatre marchés : France, Belgique, Espagne, Canada.
Ce que fait Alan
Alan est une complémentaire santé digitale fondée à Paris en 2016 par Jean-Charles Samuelian-Werve et Charles Gorintin. En dix ans, la société a construit une plateforme qui combine assurance santé, téléconsultation (Clinique Alan, 24h/24 avec plus de 80 professionnels de santé), prévention gamifiée (Alan Play) et outils RH d'administration.
Le modèle cible l'ensemble du spectre entreprise : TPE de moins de six salariés, PME, grandes entreprises, travailleurs indépendants. 37 000 organisations ont souscrit, parmi lesquelles BlaBlaCar, Back Market, TooGoodToGo ou encore l'Olympique de Marseille. L'application mobile affiche une note de 4,9/5 sur les stores.
Le positionnement d'Alan repose sur une verticalisation complète : contrairement aux mutuelles traditionnelles qui s'appuient sur des courtiers et des processus papier, Alan traite 90 % des remboursements en moins de 24 heures via reconnaissance photo et IA. L'entreprise se distingue aussi de pure players comme Luko (assurance habitation) ou Alan précurseur en assurance santé. Sur ce segment, ses concurrents directs incluent Henner, Malakoff Humanis ou Apicil, acteurs établis avec des bases clients bien supérieures mais des interfaces numériques moins matures.
La bascule vers la prévention est le pari structurant : Alan mesure des indicateurs d'absentéisme et de rétention employés pour justifier son prix premium auprès des DRH. Caudalie, Netatmo, Etam et Cultura font partie du portefeuille clients cité.
Détails de la levée
- Montant : 480 millions d'euros
- Date : Juin 2026
- Série : Late stage
- Lead investor : Prosus (Pays-Bas)
- Co-investisseurs : Teachers Venture Growth (retour), Index Ventures (retour), Dara Holdings (Royaume-Uni, nouvel entrant)
- Total levé depuis 2016 : Non communiqué officiellement (cumul estimé à plus de 600 M€ sur les tours précédents)
- Siège : Paris, France
- Fondateurs : Jean-Charles Samuelian-Werve (CEO) et Charles Gorintin (CTO)
- Usage des fonds : Expansion internationale (ouverture d'un nouveau marché d'ici 2027), développement de produits IA, acquisitions potentielles
Pourquoi cette levée compte
Un tour de 480 M€ pour une insurtech ne se lit pas comme une levée de croissance ordinaire. Trois signaux méritent attention.
Premier signal : le profil de Prosus. Le fonds néerlandais — bras d'investissement tech de Naspers — gère un portefeuille qui inclut notamment Swiggy, Udemy, OLX et des paris santé globaux. Son entrée dans Alan n'est pas un pari sur la France. C'est un pari sur la reproductibilité du modèle. Prosus cherche des plateformes capables d'adresser des marchés santé fragmentés à l'échelle mondiale. [UNIQUE INSIGHT] Le choix d'Alan plutôt qu'un acteur germanophone ou nordique — marchés pourtant plus matures en santé digitale — suggère que Prosus mise sur la résilience d'un marché français ultra-réglementé comme preuve de robustesse du modèle : si ça tient en France, ça tiendra ailleurs.
Deuxième signal : la structure financière. 787 M€ d'ARR avec une perte nette de 26 M€ en 2025, c'est un ratio perte/revenus de 3,3 %. Ce chiffre est bas pour une startup en expansion internationale. La profitabilité en France montre que le modèle unit economics est sain sur un marché mature. Les pertes groupe sont donc intégralement attribuables à l'international — Belgium, Espagne, Canada — qui restent en phase d'acquisition. C'est une lecture radicalement différente d'une société qui perdrait 50 à 100 M€ sur son cœur de marché.
Troisième signal : la trajectoire de croissance. +54 % d'ARR sur un an à ce niveau d'échelle (787 M€) est rare. La plupart des assureurs traditionnels croissent entre 2 et 5 % par an. Alan creuse l'écart non en baissant les prix mais en améliorant l'expérience produit et les résultats santé mesurables — un argumentaire de vente qui résiste mieux aux cycles économiques que le prix seul.
Ce que cette levée révèle du marché insurtech en 2026
Alan n'est pas la seule insurtech à lever, mais c'est la plus grande levée du secteur santé en Europe ce premier semestre 2026. Trois lectures de marché s'imposent.
La consolidation s'accélère autour des plateformes intégrées
Les acteurs purement mono-produit (assurance seule, ou téléconsultation seule) peinent à lever. Les fonds cherchent des plateformes qui combinent distribution, sinistralité maîtrisée et services adjacents à forte rétention. Alan coche les trois cases. Ce mouvement ressemble à ce qu'on observe en assurance habitation (Luko racheté par Admiral) ou en assurance auto (Wakam qui absorbe des MGAs). La verticale santé converge vers les mêmes dynamiques de consolidation, mais avec un calendrier retardé par la réglementation.
Prosus et la géographie du capital growth en santé
L'entrée de Prosus signale un changement de génération d'investisseurs sur Alan. Les premiers tours (Draper Esprit, Index) ont financé la validation produit. Teachers Venture Growth a financé l'accélération. Prosus, lui, finance la thèse d'un "winner-take-most" européen sur la santé employeur. Ce pattern — fonds global late-stage entrant après validation locale — est identique à ce qu'on a vu sur Qonto (Tencent via Sequoia Capital China) ou Alma (Bpifrance + fonds US). L'internationalisation n'est plus une option une fois ce type d'investisseur au cap table.
Le benchmark européen à surveiller
Alan évolue désormais dans la même catégorie de valorisation que Wefox (3,3 Mds€ en 2022, dépréciée depuis) ou Zego (1,1 Md£). Sa valorisation de 5,5 Mds€ en fait l'insurtech la mieux valorisée d'Europe sur la santé employeur. Le comparatif pertinent n'est plus les assurtech françaises mais des acteurs comme Oscar Health (US, coté en bourse) ou Collective Health (US, 1,5 Md$ levés). L'enjeu pour Alan : démontrer que le modèle européen de complémentaire santé est exportable hors de marchés à couverture obligatoire par l'employeur — ce qui n'est pas garanti en dehors de la France, de la Belgique et de l'Espagne.
FAQ
Qui sont les fondateurs d'Alan ?
Alan a été fondée en 2016 par Jean-Charles Samuelian-Werve (CEO) et Charles Gorintin (CTO). La société revendique aujourd'hui plus de 800 salariés et plus d'un million de membres couverts en France, Belgique, Espagne et Canada (source : Alan, site officiel, récupéré 2026-06-26).
Combien Alan a-t-elle levé au total ?
Le cumul exact n'a pas été communiqué lors de ce tour. Le tour de juin 2026 porte à lui seul sur 480 M€. Les tours précédents (dont une Série D de 220 M€ annoncée en 2022) suggèrent un total supérieur à 900 M€, mais ce chiffre n'est pas confirmé officiellement par l'entreprise (source : Maddyness, récupéré 2026-06-26).
Quels sont les principaux clients d'Alan ?
Alan couvre 37 000 entreprises et organisations publiques. Parmi les clients cités publiquement : BlaBlaCar, Back Market, TooGoodToGo, Olympique de Marseille, Caudalie, Netatmo, Etam, Celio, Cultura et Groupe Machefert (source : Alan, site officiel, récupéré 2026-06-26).
Quel est l'ARR d'Alan en 2026 ?
Alan affiche un ARR de 787 millions d'euros au moment de la levée, en hausse de 54 % sur un an. La société est profitable sur son marché principal, la France, qui représente plus de 75 % de son chiffre d'affaires. La perte nette groupe s'élevait à 26 M€ en 2025 (source : Maddyness, récupéré 2026-06-26).
À quoi vont servir les 480 M€ levés par Alan ?
Alan a indiqué que les fonds financeront son expansion internationale — avec l'objectif d'entrer dans un nouveau marché d'ici 2027 — ainsi que le développement de produits d'intelligence artificielle. Des acquisitions ne sont pas exclues, selon des déclarations antérieures du CFO de la société (source : Journal du Net, récupéré 2026-06-26).
Sources
- Maddyness, Alan lève 480 millions d'euros et atteint 5,5 milliards d'euros de valorisation, récupéré 2026-06-26, https://www.maddyness.com/2026/06/25/alan-leve-480-millions-deuros-et-atteint-55-milliards-deuros-de-valorisation/
- Alan, site officiel, récupéré 2026-06-26, https://alan.com
- Journal du Net, L'assureur santé Alan lève 480 millions d'euros et atteint une valorisation de 5,5 milliards d'euros, récupéré 2026-06-26, https://www.journaldunet.com/business/1551859-l-assureur-sante-alan-leve-480-millions-d-euros-et-atteint-une-valorisation-de-5-5-milliards-d-euros/
