MyC, plateforme française de gestion de la santé au travail pour les groupes industriels et multisites, a annoncé le 3 février 2026 une levée de 10 millions d'euros menée par Hi inov, avec la participation d'IXO et des investisseurs historiques Elaia et OSS Ventures. Le financement doit accélérer le développement produit autour de l'IA et l'expansion internationale, alors que la société sert déjà près de 400 sites dans plus de 60 pays.
Une levée portée par Hi inov, fonds B2B européen
Selon J'aime les startups, le tour est mené par Hi inov, gestionnaire d'actifs européen spécialisé sur les SaaS B2B, avec IXO Private Equity, Elaia Partners (déjà au capital depuis le seed de 2 M€ couvert par FrenchWeb) et OSS Ventures.
MyC a été fondée en 2020 à Paris par le Dr Laurent Bonnardot, médecin ORL et urgentiste ayant exercé en milieu isolé, et par Benjamin Crevant, entrepreneur issu de l'industrie. La société emploie une trentaine de personnes et revendique plus de 1 000 utilisateurs actifs mensuels chez ses clients, pour un total de plus de 500 000 bénéficiaires (collaborateurs couverts).
Le segment : santé au travail multisite à l'échelle internationale
Le marché ciblé par MyC est celui des grands groupes industriels multisites avec une exposition à des risques professionnels significatifs : énergie, mines, BTP, transports, défense, oil & gas, agroalimentaire. Pour ces entreprises, la santé au travail est un enjeu réglementaire (visites médicales obligatoires, suivi des expositions), un enjeu RH (rétention, engagement) et un enjeu opérationnel (réduction des arrêts de travail, conformité ISO 45001).
La complexité réside dans la diversité des cadres réglementaires nationaux. Une multinationale qui exploite cinquante sites dans vingt pays jongle avec autant de codes du travail, d'agences sanitaires et de format de dossiers médicaux. La promesse de MyC est d'unifier le pilotage avec une plateforme cloud unique, tout en garantissant la conformité locale (RGPD en Europe, HIPAA aux États-Unis, normes spécifiques en Afrique et au Moyen-Orient).
L'IA générative comme accélérateur produit
L'orientation IA annoncée par MyC s'inscrit dans une lame de fond du SaaS B2B santé. Les cas d'usage probables : extraction automatique d'informations à partir de comptes-rendus médicaux (analyse de documents non structurés), aide à la rédaction des fiches d'aptitude, détection de signaux faibles épidémiologiques sur une population salariée, génération de rapports HSE pour les régulateurs. Ces fonctionnalités s'inspirent du sillage tracé par les éditeurs medtech américains comme Veeva ou IQVIA, qui dominent les solutions data clinique pour pharma.
Le marché des plateformes santé au travail : un terrain en consolidation
Selon une étude DSIH également reprise par FrenchWeb, les start-ups françaises de l'e-santé ont levé 1,16 milliard d'euros en 2022. Le segment santé au travail proprement dit reste plus restreint, dominé en France par AESIO Mutuelle (acteur historique mutualiste), Padoa (start-up santé au travail focus PME-ETI) et plus récemment Lilo. À l'international, le britannique LiVi, l'allemand Fernarzt et l'américain Lyra Health adressent des périmètres comparables avec des angles distincts.
L'élément différenciant de MyC est la verticalisation grands comptes industriels avec exigences de conformité multi-pays, là où la concurrence cible plutôt les PME-ETI ou les particuliers. Cette niche présente un cycle de vente long (12 à 18 mois) mais des contrats annuels élevés (typiquement 200 000 à 1 million d'euros par groupe selon le périmètre), avec un taux de rétention naturellement élevé une fois le déploiement effectué.
Les défis d'exécution
- Localisation produit : adapter la plateforme à 60+ cadres réglementaires sans dégrader le time-to-deploy reste un défi structurel.
- Sécurité et hébergement de données de santé : la certification HDS en France et les certifications équivalentes par pays (ISO 27001, SOC 2 type II) sont des prérequis non négociables pour les grands comptes.
- Vente complexe : adresser à la fois la DRH, la direction HSE, la DSI et le médecin du travail nécessite une équipe commerciale sophistiquée capable de traduire la valeur pour chaque buyer persona.
Quelle trajectoire après cette levée ?
Pour MyC, les douze à vingt-quatre prochains mois doivent valider trois jalons :
- L'industrialisation de la couche IA dans les workflows quotidiens (et non comme fonctionnalité gadget).
- L'élargissement géographique au-delà des bastions historiques (Europe, francophonie africaine, Moyen-Orient) vers l'Amérique du Nord et l'Asie-Pacifique.
- Le passage d'environ 30 à 60-80 collaborateurs sans dégrader la qualité de service ni le NPS clients existants.
Pour les directions marketing et opérationnelles des SaaS B2B en phase de scale-up international, ces enjeux d'industrialisation, d'IA opérationnelle et de structuration commerciale sont des chantiers récurrents. Les agences growth marketing et les équipes IA appliquée peuvent contribuer à structurer la couche acquisition compte clé et l'automatisation des opérations support.
FAQ
Quel est le montant et le type de tour de la levée MyC ?
MyC a annoncé le 3 février 2026 une levée de 10 millions d'euros, qualifiée de série A par certaines sources et de tour de croissance par d'autres, menée par Hi inov, avec IXO, Elaia Partners et OSS Ventures.
Qui sont les fondateurs de MyC ?
MyC a été créée en 2020 à Paris par le Dr Laurent Bonnardot, médecin ORL et urgentiste, et par Benjamin Crevant, entrepreneur issu de l'industrie. La société conjugue une expertise médicale et une compréhension des contraintes opérationnelles industrielles.
Quelle est la traction commerciale de MyC ?
La société sert près de 400 sites dans plus de 60 pays, avec plus de 1 000 utilisateurs actifs mensuels et 500 000 bénéficiaires (collaborateurs couverts). Elle cible les grands groupes industriels multisites avec exigences de conformité internationale.
À quoi va servir cette levée de 10 M€ ?
Le financement doit accélérer le développement produit autour de l'intelligence artificielle (extraction documentaire, aide à la décision médicale, reporting HSE) et soutenir l'expansion commerciale internationale, particulièrement vers l'Amérique du Nord et l'Asie-Pacifique.
Quels sont les concurrents directs de MyC en France ?
Sur le segment santé au travail français, les principaux concurrents identifiés sont Padoa (focus PME-ETI), Lilo et les acteurs historiques mutualistes comme AESIO. À l'international, les éditeurs comme LiVi (UK), Fernarzt (Allemagne) ou Lyra Health (US) adressent des périmètres voisins avec des angles différents.